PLAN DE PROTECTION DES ARBITRES
Publié le 03/03/2026
Cette saison 2025-2026 marque le déploiement du plan fédéral de prévention et de lutte contre les incivilités et les violences dans le football. Avec, comme cœur de cible, le renforcement de la protection des arbitres.
Comment ? Par un arsenal de mesures complémentaires de nature dissuasive mais aussi un volet répressif sans précédent : caméras portatives, caméras de bord terrain, temps morts, exclusion temporaire (carton blanc), alourdissement du barème disciplinaire, dépôts de plaintes, coopération accentuée avec les pouvoirs publics…
La saison en cours a marqué le déploiement des premières dispositions de ce plan et ainsi la détermination de la FFF à graver dans les esprits un message clair : celui de la tolérance zéro pour toutes les dérives à l’égard des arbitres, amateurs et professionnels.
3,4 M€ consacrés cette saison par la FFF pour le développement de l’arbitrage dans les Ligues et les Districts.
23 : Le plan (dans sa globalité) comprend 23 mesures. À date, 80 % ont été réalisées ou sont en cours de réalisation.
Antony Gautier (Directeur de l’Arbitrage FFF) : « Nous sommes en présence d’un niveau d’action jamais atteint au niveau de la Fédération, qui vient s’ajouter à ce qui a déjà été fait dans le passé ou localement dans certains territoires. Mais c’est la première fois que la FFF s’engage de manière aussi large et aussi significative en termes de dissuasion et de répression, en faveur de la protection des arbitres. Le retour des arbitres est très positif. Ils sont extrêmement satisfaits de cette démarche pro active de la FFF et se sentent renforcés dans leur mission. Rappelons que la loi Lamour de 2006 qualifie leur activité de mission de service public et prévoit des peines pouvant aller jusqu’à la prison en cas de violences à leur égard.
À cet éventail de mesures, il faut aussi ajouter la volonté de systématiser le dépôt de plainte de la FFF ou de se constituer partie civile dès lors qu’elle a connaissance d’une agression d’arbitre ainsi que l’ accent particulier mis par la Direction de l’arbitrage sur la formation continue des arbitres à la gestion de conflits, notamment à travers le module Tout Terrain. »
26 168 : Le nombre d’arbitres en France lors de la saison 2024-2025 (+2,2 % v/s 2023-2024). La barre des 26 000 a été franchie pour la première fois.
1 446 : Les effectifs d’arbitres féminines, soit 5,5 % de l’effectif global. Un record.
LES CAMÉRAS PORTATIVES : « Le comportement des joueurs change »
Antony Gautier : « Le port de caméra est un dispositif réglementaire inscrit dans les lois du jeu de l’IFAB. Nous l’avons déployé cette saison dans 42 territoires – 3 ligues (Corse, Martinique, Réunion) et 39 districts (ruraux, urbains, péri-urbains) – identifiés sur la base de l’outil « ressenti » mis en place en août 2023 sur le portail des arbitres. Cet outil permet d’obtenir des statistiques par territoire – et même par club, pour qu’il soit accompagné sur ces thématiques si besoin – sur la base de deux questions posées électroniquement aux arbitres après leurs matches : ont-ils été confrontés à des comportements irrespectueux durant le match et si oui, de la part de qui ? Et ont-ils eu peur pour leur intégrité physique ou psychologique ?
Nous avons ainsi repéré, pour cette première phase de déploiement, les territoires présentant les taux d’insécurité les plus élevés, en métropole et Outre-Mer. Les ligues et les districts ont la main pour décider des matches sur lesquels ils souhaitent intervenir. En cas d’incident, les images sont mises à la disposition de la Commission de discipline concernée.
La première vocation de ce dispositif est d’être dissuasif. Les six districts qui avaient décidé de s’engager dans cette expérimentation avant cette saison ont fait un constat : aucun incident n’est survenu sur les matches identifiés comme sensibles. L’effet dissuasif de la présence caméra fonctionne donc. Et c’est ce que l’on en attend. Chaque incivilité évitée, on prend ! Globalement, le comportement des joueurs change, ils se montrent plus respectueux, plus réservés dans les contestations. »
185 caméras déployées sur les 42 territoires concernés cette saison, soit un budget de 90 000 euros.
0 : Le nombre d’incidents constatés dans le District de la Loire depuis 5 ans sur près de 140 matches équipés du dispositif de caméra.
L’activation de la caméra par l’arbitre est autorisée dans les zones suivantes : le terrain, les accès au terrain, les déplacements de l’arbitre central et le cas échéant dans le vestiaire de l’arbitre central.
LE CARTON BLANC : « Un outil supplémentaire pour l’arbitre »
Antony Gautier : « Le carton blanc est associé à une sortie du terrain, dite exclusion temporaire, de dix minutes. Il a surtout une vocation préventive et éducative en réponse à des comportements contestataires excessifs ou déviants (hors actions de jeu), des situations inconvenantes créées par certains joueurs et qui sont sanctionnables au regard des Lois du jeu. Nous sommes allés plus loin sur le dispositif fédéral en proposant une innovation puisque le carton blanc peut aussi être attribué à un entraîneur, ce qui se traduit par la sortie de son capitaine pendant dix minutes. Nous savons très bien en effet, que donner un carton blanc à un entraîneur qui conteste depuis le banc de touche n’a que très peu voire pas du tout d’effet sportif sur le déroulement de la rencontre.
L’idée est donc de coresponsabiliser l’entraîneur et le capitaine. Nous ferons un point sur cette innovation à l’issue de la saison, mais les premiers retours sont positifs.
Pour cette saison, nous avons choisi de laisser aux ligues et districts qui avaient déjà mis en place le carton blanc la latitude de garder leurs modalités d’application, parfois différentes d’un territoire à l’autre. Mais, pour être toujours plus lisible, je souhaiterais que le dispositif du carton blanc soit généralisé et uniformisé sur tous les territoires. »
10 889 : Le nombre de matches (sur 179 400) où l’arbitre a trouvé le climat désagréable depuis le début de saison 2025-2026.
1 853 : Le nombre de matches où l’arbitre a eu peur pour son intégrité physique (1,03 % des matches). Un chiffre en baisse v/s 2024-2025.
LES PAUSES D’APAISEMENT : « Une vraie nouveauté »
Antony Gautier : « Nous avons établi un protocole de pauses d’apaisement – ou temps morts-, une vraie nouveauté. C’est un outil supplémentaire à la disposition des arbitres. Dans un match, lorsqu’un arbitre sent que la tension monte, que la maîtrise du match peut lui échapper, il a la possibilité d’interrompre le jeu, de renvoyer chacune des deux équipes dans leur surface de réparation, de convoquer les capitaines et les entraîneurs afin d’échanger avec eux pour que la pression retombe au bout de quelques minutes. Certains districts se sont déjà engagés dans cette voie. Les premiers retours que l’on a sont positifs. »
LA RÈGLE DES CAPITAINES : « Une nouvelle règle dans les Lois du jeu »
Antony Gautier : « Nous avions mis cette disposition en place en Ligue 1 et Ligue 2 et dans les compétitions fédérales, de manière un peu prématurée, dans la continuité du championnat d’Europe 2024 où elle avait été introduite par l’UEFA. Cette fois, elle figure officiellement dans les lois du jeu depuis le 1er juillet 2025. C’est devenu une règle : le capitaine est le seul joueur sur le terrain à avoir le droit de s’adresser à l’arbitre pour demander une explication sur une décision. Nous avons sensibilisé les ligues et les districts pour que l’accent soit mis sur cette règle dans les formations d’arbitres, avec également une communication aux clubs en ce sens. »
LE BARÈME DISCIPLINAIRE : « Jusqu’à la radiation à vie »
Antony Gautier : « L’Assemblée fédérale du 13 décembre dernier à Paris a revu à la hausse les sanctions prévues dans le barème disciplinaire pour les comportements répréhensibles visant les officiels (bousculade volontaire, tentative ou acte de brutalité ou de coup, crachat…) à partir d’un certain niveau de gravité. Désormais, nous pourrons aller jusqu’à la radiation à vie dans le barème de référence (pour un acte occasionnant une blessure dûment constatée par un certificat médical, entraînant une ITT. supérieure à 8 jours), ce qui est inédit dans les textes de la FFF. C’est un message très fort, l’illustration de la tolérance zéro annoncée par le président de la FFF pour tout licencié quel qu’il soit (joueur, éducateur, dirigeant, personnel médical), qui, demain, s’en prendrait physiquement à un arbitre. La FFF ne le voudra plus sur un terrain de football. Certaines ligues ou certains districts avaient déjà pris des sanctions disciplinaires en ce sens mais au niveau de la Fédération, c’est la première fois. Outre les suspensions, des retraits de points pour les équipes sont également dorénavant possibles. »
1 088 : Sur les 3 464 incidents recensés cette saison par l’Observatoire des comportements, les arbitres en sont les victimes dans 1 088 cas (soit 31,5 %).
30 % des nouveaux arbitres licenciés arrêtent au bout de 2 ans d’activité.
L’exemple des Alpes
Après le District Grand Vaucluse, précurseur en la matière, le District des Alpes a adopté le système des caméras portatives Go Pro au cours de rencontres séniors. « C’est une plus-value pour nous, se réjouit Patrick Bel Abbès, Président de l’instance alpine, et une fierté d’avoir été choisis par la FFF car de nombreux Districts avaient fait la demande. Avec l’apport des caméras, les arbitres vont être un peu plus rassurés et les joueurs vont vraiment faire attention à ce qu’ils vont dire et faire, sachant que le match est filmé ».
