FUTSAL / RAPHAËL REYNAUD : « UN NOUVEAU CYCLE »

Publié le 07/04/2026

Le sélectionneur national décrypte sur fff.fr le dernier rassemblement des Bleus cette saison 2025-2026, le premier après un Euro terminé dans le dernier carré.

Les Bleus du Futsal sont réunis au CNF Clairefontaine (Yvelines) depuis ce dimanche 5 avril pour leur dernier rassemblement de la saison.

Samedi 11 avril à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), les hommes de Raphaël Reynaud affronteront en amical la Pologne à l’Arena du Pays d’Aix (billetterie.fff.fr), pour leur première sortie depuis leur quatrième place à l’Euro 2026. L’occasion de revenir avec le sélectionneur sur la confirmation des ambitions tricolores et sur le nouveau cycle qui démarre pour les demi-finalistes de l’Euro.

Deux mois après l’Euro, l’Équipe de France revient sur les parquets. Comment avez-vous digéré ce championnat d’Europe, durant lequel vous avez vécu des émotions intenses ?
On a pris le temps nécessaire pour bien mesurer le travail effectué et le chemin parcouru. On a profité du moment qui nous a été offert durant cette compétition et, surtout, du parcours que l’on a offert à nos supporters durant tout ce tournoi. Évidemment, on aurait préféré revenir avec une médaille pour la partager avec le public d’Aix-en-Provence, avec le public français. Une médaille aurait validé complètement nos progrès, mais la constance est quand même un progrès. On nous attendait après la quatrième place à la Coupe du monde. La constance a été au rendez-vous et même un petit peu plus avec le quart de finale face à l’Ukraine.

On mesure les progrès de l’Équipe de France et on est conscients d’être sur le bon chemin. Je le redis : confirmer, c’est progresser à ce niveau-là. Après la Coupe du monde, il a fallu se remettre en question sur certains axes du jeu. Les équipes nous attendaient un peu plus, on a été analysé. Il a fallu se réinventer. Ce n’est jamais simple et c’est ce que l’on a fait. On a réussi à réaliser ce parcours à l’Euro, dans la lignée de la Coupe du monde. Il ne nous a pas manqué grand-chose…  Maintenant, on sait ce qui nous manque et on va aller le chercher.

Après le match perdu contre la Croatie en février dernier pour la troisième place de l’Euro (photo Charles LÉGER/FFF).

Justement, sur quoi allez-vous travailler pour aller chercher ce qui vous manque, pour passer de la quatrième à une place sur le podium ?
D’abord, pour aller sur le podium, il faut être constant et se faire une place parmi les grandes nations, celles qui comptent. À tous les niveaux, sur le terrain et en dehors. Aujourd’hui, on est certainement « mieux traité » qu’il y a quatre ou cinq saisons puisque l’on est présent dans les grandes compétitions et que l’on a performé. La force du champion, c’est d’être peut-être un peu mieux traité que les autres, c’est une règle dans le sport. Il n’y a aucune raison que ce ne soit pas la même chose avec le futsal. Donc, nos résultats nous permettent d’être encore plus performants demain.

Ensuite, il y a évidemment des axes d’amélioration. Il faut être conscient que, contrairement à l’Espagne ou au Portugal, par exemple, on avait un peu moins de densité de joueurs et donc des rotations un petit peu plus compliquées. Ce qu’il nous reste à faire, c’est de continuer de construire nos joueurs pour avoir une plus grande densité de joueurs de haut niveau et de pouvoir, quel que soit le moment du match et quels que soient les impondérables d’une compétition, répondre présent pour franchir les obstacles jusqu’au bout. 

Quelles sont les satisfactions que vous retenez de ce championnat d’Europe, collectivement comme individuellement ?
La première est d’avoir été constant dans nos performances, je l’ai dit. On n’a pas eu de trou d’air. On a été constant dans nos réponses apportées au jeu de l’adversaire, dans la dominante athlétique, dans notre projet de jeu… C’est ce qui nous a guidés tout au long de ces cinq années de préparation à ce championnat d’Europe : la culture du haut niveau, construire des corps, construire une équipe et une identité de jeu. La grande fierté que l’on peut avoir, et la grande leçon en tout cas qui ressort de ce championnat d’Europe en priorité, c’est cela : la constance avec un point d’orgue, le match contre l’Ukraine. Ce match-là témoigne de nos progrès. On a joué une équipe d’Ukraine quasiment invaincue depuis trois ans, la meilleure équipe européenne dans tous ses bilans. Et on a été capable de la battre. Malheureusement, en les rencontrant en quart de finale, on a laissé beaucoup de forces dans la bataille. Cela nous a certainement coûté notre demi-finale.

Lors du quart de finale de l’Euro contre l’Ukraine (photo Charles LÉGER/FFF).

Est-ce qu’un nouveau cycle s’ouvre à partir de maintenant, sachant qu’être performant à l’Euro 2026 était l’objectif du premier chapitre depuis votre prise de fonction, en 2021 ?
Oui, on est vraiment sur le démarrage d’un nouveau cycle. On a la volonté de faire en sorte que la France et le futsal français soit prêts pour 2032. Je sais que cela peut paraître loin, mais cet objectif olympique doit être un moteur pour notre discipline. On espère, et on pense, que le futsal a de bonnes chances d’être aux JO. On va donc tout faire pour être prêts pour cette échéance olympique. On entre donc dans un nouveau cycle, un cycle long, évidemment jalonné d’objectifs qui nous permettront de construire notre équipe. À commencer par les qualifications pour la Coupe du monde 2028, qui vont démarrer cet automne. Être prêt pour 2032, c’est d’abord être présent dans les grandes compétitions et, naturellement, à la prochaine Coupe du monde. 

Contre la Pologne, vous démarrerez donc le nouveau cycle dont vous venez de parler avec le même groupe ?
On part avec un groupe assez stable, mais auquel on souhaite apporter des petites touches qui nous permettent de construire la suite et, surtout, de faire passer des messages. C’est important aujourd’hui de s’appuyer sur notre socle de joueurs qui souhaitent continuer d’apporter leurs qualités et leur expérience à l’Équipe de France : je pense à Souheil Mouhoudine, Abdessamad Mohammed, Sid Belhaj, Francis Lokoka… Et dans le même temps, d’avoir la capacité d’accueillir des joueurs qui vont pouvoir apporter un plus, continuer de former et s’appuyer sur de jeunes joueurs qui vont se construire et construire les performances de demain.

Sid Belhaj, Abdessamad Mohammed, Francis Lokoka et Souheil Mouhoudine (photo Luis NOVA / FFF).

Comme le petit nouveau dans la liste, Pablo Rochina Troncoso ?
Oui. Pablo évolue en Espagne, il a un papa français, une maman espagnole et dispose donc de la possibilité d’être retenu avec l’Équipe de France. Aujourd’hui, il performe en deuxième division espagnole puisqu’il est le meilleur buteur de ce championnat. Il souhaite valider sa nationalité sportive française, c’est donc une très bonne nouvelle pour nous de pouvoir compter sur des joueurs de son profil. C’est l’occasion de le voir, il est convoqué pour un premier stage et on aura l’opportunité d’abord de le voir sur une opposition contre les U23 à Clairefontaine cette semaine. C’est une très bonne chose de le voir avec le maillot bleu et dans des conditions qui nous permettront de l’évaluer et de construire quelque chose avec lui pour l’avenir. 

Ce match contre la Pologne, c’est peut-être aussi une manière de boucler la boucle d’une saison face à une nation qui vous a privés d’une finale à la Coupe des Nations à Brasilia, en septembre ?
Oui, ce match à Brasilia, on l’a encore un peu en travers de la gorge. Mais les Polonais avaient mérité leur place en finale, il n’y a rien à dire là-dessus. Maintenant, il est toujours intéressant de se confronter à cette équipe qui nous a posé des problèmes. Il sera intéressant de voir comment on va pouvoir réagir, devant notre public cette fois. Pendant l’Euro, on a vraiment senti la ferveur et la dynamique qu’il y’a autour de l’Équipe de France. On est vraiment très heureux de pouvoir partager ça avec nos supporters à Aix-en-Provence. »

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